
Il y a cinq ans, il a choisi d'aménager avec sa petite famille (il a trois enfants de 12, 9 et 5 ans) au Teich où s'étaient installés ses beaux-parents : « C'est quand même plus agréable de dessiner au milieu de la nature que dans un HLM », sourit le dessinateur qui a aménagé un bungalow-atelier dans son jardin, dans un quartier paisible du Teich.
Il y passe ses journées, entre la planche à dessin et l'ordinateur. Dans la grande bibliothèque qui tapisse un des quatre murs, il y a aussi les albums de ses auteurs favoris, Loisel, Olivier Vatine, Alberto Varanda, mais aussi des figurines qu'il a achetées, au début, pour copier l'anatomie de ses personnages. Depuis, il les collectionne.
Débuts dans la pub
Formé dans une école d'art graphique, Sandro Masin, qui a commencé à dessiner en reproduisant son premier héros, Astérix, a débuté dans la publicité, avant de signer son premier album, de son seul prénom, en 2003, « Tectis ».
Ont suivi « Les Contes du Korrigan », « Le Sang de la sirène », « Le Gardien du feu » aux éditions Soleil, les deux derniers adaptés des oeuvres d'Anatole le Bras, un auteur breton du XIXe siècle : « Ça parle de la mer, je dessine ce que j'aime. »
Le style est plutôt classique : « J'essaie de faire quelque chose de beau, de rendre l'histoire dynamique et qui plaît au lecteur. »
Dans son atelier, où il prépare actuellement le tome II du « Gardien du feu », il fait l'encrage des planches. Le coloriste, Joël Mouclier, est dans les Alpes, le scénariste, François Debois, vit en région parisienne, le directeur de collection est installé en Bretagne, et l'éditeur à Toulon : « Il me suffit d'avoir une connexion Internet et une ligne téléphonique », plaisante Sandro.
Il lui faut quand même aussi un peu de talent et d'imagination, ce dont manifestement il ne manque pas.
« Je ne voudrais pas m'enfermer dans un style, je voudrais passer à autre chose », ajoute celui qui se présente comme « auteur de BD, illustrateur ». Il travaille, notamment, à deux propositions d'histoire, dont un western.
Jusqu'à présent, il gardait aussi en parallèle une activité dans la publicité. La crise est passée par là : « C'est peut-être un mal pour un bien, le moment de tourner une page et de faire totalement de la bande dessinée. »
Une histoire de rencontre
C'est d'ailleurs pour mieux faire connaître le 9e art et permettre de découvrir l'univers des dessinateurs qu'il a créé, avec Bruno Lastenet, libraire à La Teste-de-Buch, l'association Buller sur la dune, dont le premier festival, co-organisé avec la ville de La Teste, a eu lieu au printemps dernier.
Au Teich, c'est sa rencontre avec un autre parent d'élève, Isabelle Vulliard, aujourd'hui conseillère municipale, qui a donné naissance au festival Perles de BD, organisé pour la troisième fois samedi prochain (lire ci-dessous).
C'est cependant la première fois que Sandro a dessiné l'affiche : « Je voulais respecter le côté nature du Teich tout en montrant l'univers de la BD. » L'idée est réussie : On voit des oiseaux, qu'on devine installés au Parc ornithologique, contempler un vol de bandes dessinées qui migrent vers le Teich.
Cette semaine, Sandro anime également des ateliers dans les écoles primaires de la commune et participe au jury du concours de dessins organisé dans les écoles, sur le thème : « Une maman achète au marché des huîtres et en ouvrant l'une d'elles trouve une perle magique. »
Sandro a dessiné la première planche. Aux enfants d'imaginer et dessiner la suite. Les dessins seront exposés samedi prochain lors du festival.





